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Pelage : Les mues et la préparation pour l’exposition.

 


Pour élever et garder un lapin en bonne santé et éviter qu'il soit stressé, il faut que les conditions d'environnement, d'élevage et de nutrition soient constamment optimales. C'est une ''lapalissade'' de l'affirmer mais c'est souvent très difficile à réaliser par la majorité des éleveurs. A défaut et, c'est mon cas, il faut que les conditions soient suffisamment correctes pour permettre aux lapins de se développer normalement et pouvoir extérioriser pleinement leurs qualités.

 

Car je le répète, c'est la santé du lapin qui conditionne en grande partie la qualité du pelage. Prenons par exemple un sujet qui est fragilisé par une coccidiose sévère: son pelage est ébouriffé, terne, peu dense et sans tenue! Même s'il ''s'en sort'' comme on dit, il aura beaucoup de mal pour s'en remettre et deviendra rarement un champion! Il est donc fortement recommandé de traiter préventivement, la mère et les petits, avec un anti-coccidien efficace.

 

La nutrition du lapin est un élément fondamental pour la constitution du pelage. La ration journalière doit toujours être équilibrée dans ses composants et quantitativement appropriée au développement des lapins ou/et à leur état.

 

Là encore, je ne connais pas de potion magique, cependant il y a aujourd'hui suffisamment d'aliments complets sur le marché pour que l'équation nutritionnelle ne soit plus un problème.

Ce n'était pas toujours le cas dans le passé, et pour avoir élevé de nombreuses races notamment de tailles différentes, j'avoue avoir dû chercher pour chacune d'elles la ration alimentaire qui me paraissait la mieux appropriée Cependant dans toutes les compositions il y avait une constante dans la ration journalière : du foin de bonne qualité! Aujourd'hui, pour bien des raisons, j'ai opté pour la simplicité et la ration de mes lapins se compose de (bon) foin, d'aliments complets fermiers sans ajouts médicamenteux, de l'eau propre à volonté et de la paille pour la litière La proportion de chaque composant varie évidemment selon le statut du sujet ou/et son état.

L’environnement du lapin est aussi un élément déterminant : le logement, la propreté, une circulation d’air - suffisante pour chasser les émanations d'ammoniac etc. Il faut surtout être conscient qu'une trop forte densité de lapins sur une surface/volume donné est toujours un facteur de risques et ce n'est jamais favorable à un processus de développement pileux harmonieux.

Car la promiscuité engendre le stress et celui-ci est susceptible de perturber l'équilibre hormonal ce qui se traduit négativement sur le cycle de développement des poils.

 

Il faut donc sélectionner le plus tôt possible les jeunes lapins (3 mois) et placer ceux qui sont retenus pour être exposés dans des cages individuelles.

Une relative tranquillité et un ''effet soigneur'' positif contribuent aussi à réduire, voire à éviter le stress chez les lapins et ils créant des conditions favorables nécessaires pour les préparer à être exposés plus tard. - Tranquillité relative veut simplement dire que les lapins ne subissent que les activités humaines normales liées à leur environnement et qu'ils s'y habituent sans être stressée.

 

Je ne suis pas favorable à un confinement excessif, car je crois que les lapins seront mieux conditionnés si on les habitue à côtoyer et à voir des gens devant leurs cages, surtout lorsqu'ils sont régulièrement sortis et examinés, même par des personnes qu'ils ne connaissent pas ! L'effet soigneur est très important et son impact peut s'avérer déterminant sur l'état des fourrures.

L'expliquer dépasserait largement le cadre de cet article, je dirais donc tout simplement qu'il repose sur le fait d'établir une solide relation de confiance entre l'homme (le soigneur) et ses protégés (les lapins).

Ceci dit, je crois qu'il faut rester humble et réaliste, comme on ne peut pas commander à la nature, il faut donc se résoudre à respecter ses lois, et je crois à ce sujet qu'il est utile de rappeler ici les principales ''lois'' naturelles qui régissent le pelage.

 

Le cycle pileux se compose de trois périodes :

 

·         La période anagène, ou de repousse du poil. C'est la durée de cette période qui détermine la longueur du pelage. (sa durée est variable, environ 31 jours pour un pelage normal et 3 mois environ pour un Angora)

·         La période catagène ou la fourrure est terminée. On dit alors qu'elle est en pleine fleur. Cette période est très courte.

·         La période télogène ou de repos d'hiver. Celle-ci peut être assez longue, notamment durer tout l'hiver, si elle n'est pas interrompue par un choc nerveux (stress) qui déclenche la mue.

 

Les mues saisonnières sont déclenchées par la photopériode, c'est-à-dire la durée de la lumière du jour. Le passage des jours courts aux jours longs induit la mue de printemps et le passage des jours longs aux jours courts induit la mue d'automne.

La densité du pelage est déterminée par la température (thermo période). En effet, à l'agression exercée par le froid, l’organisme du lapin répond par la mise en activité d’un nombre approprié de bulbes pileux secondaires jusqu'au rétablissement de l'isolation thermique.

Je pense qu'il est nécessaire de rappeler ces lois naturelles auxquelles le lapin, quoique nous essayions de faire, n'échappe pas. Je crois que nous pouvons nous en inspirer pour trouver des solutions qui permettront d'atténuer certains désagréments qui en découlent ! La préparation proprement dite des lapins en prévisions des expositions futures doit commencer le plus tôt possible.

Elle sera facilitée par un effet ''soigneur'' positif. Car il faut sortir régulièrement les lapins de leurs cages, pour les examiner consciencieusement et les manipuler sans les brutaliser. Cela fait partie de ces petites choses qui conditionnent le lapin pour être exposé. Et, c'est lors de ces opérations qu'il faut brosser les fourrures et peigner les toisons pour éliminer les poils morts et en profiter pour bien masser la peau On passera aussi la paume de la main sur le dessus et les côtés du corps dans le sens du poil et à rebrousse poil.

Ces opérations qui ont pour objectifs, d'éliminer les poils morts, d'aérer le pelage pour produire une agression mécanique analogue à celle de l'effet du froid pour stimuler la repousse en espérant arriver à mettre en activité un nombre important de follicules pileux secondaires et augmenter ainsi la densité du pelage.

 

En conclusion, je veux tout simplement dire que même si tout cela vous semble barbant et compliqué, ce n'est pas nouveau et tous les éleveurs y sont confrontés ou/et le mettent déjà en pratique.

Alors, si l'un ou l'autre de ceux qui me lisent y trouvent une amorce de réponse à l'un de leurs problèmes, je ne l'aurai pas écrit pour rien!

 

Jacques CZESCHAN

AVI-INFOS - Octobre 2008
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